01.04.2026

Lobesia Botrana : le ver qui menace vos vignes

Lobesia Botrana, découvrez son cycle, ses dégâts et méthodes de surveillance.

Chaque printemps, un petit papillon discret s'installe dans les vignobles français.

Son nom ? Lobesia botrana, plus connue sous le nom d'« eudémis de la vigne » ou « ver de la grappe ». Pour les viticulteurs, le connaître, c'est déjà commencer à se défendre.

Voici tout ce qu'il faut savoir sur ce ravageur incontournable de la viticulture.

Qu'est ce que le Lobesia Botrana ?

Lobesia botrana, ou eudémis de la vigne, appartient à la famille des tordeuses (Tortricidae). C'est un insecte discret, actif surtout en fin de journée et la nuit, ce qui explique pourquoi on le voit rarement directement dans les parcelles.

• Une identification visuelle possible

Reconnaître l'adulte est possible si l'on sait quoi chercher. Une envergure de seulement 10 à 12 mm. Ses ailes antérieures gris perle sont ornées de petites taches brun rougeâtre et de trois bandes légèrement obliques. Les ailes postérieures, grises, sont bordées de soies caractéristiques. Ses antennes fines et longues sont typiques des tordeuses.

• Un hôte principal, la vigne

Si la vigne constitue son hôte de prédilection, Lobesia botrana peut également s'attaquer à d'autres plantes comme le lierre, le troène ou le cassissier. En vignoble, c'est bien-sûr sur la vigne cultivée que ses populations peuvent devenir problématiques.

Son cycle biologique : 2 à 3 générations par an

L'eudémis se distingue par la complexité de son cycle biologique. En France, on dénombre généralement 2 à 3 générations par an et parfois jusqu'à 4 dans les régions du sud, où les conditions climatiques lui sont particulièrement favorables.

• 1ère génération — Printemps (avril-mai)

Les adultes font leur apparition dès le débourrement. Les femelles pondent directement sur les boutons floraux encore fermés. Les jeunes chenilles agglomèrent alors ces boutons floraux à l'aide de fils de soie, formant des glomérules caractéristiques.

À ce stade, les dégâts sur le rendement restent limités, mais le signal d'alerte est lancé.

• 2ème génération — Été (juin-juillet)

C'est la génération la plus redoutée par les viticulteurs. Les femelles pondent cette fois sur les baies vertes en cours de développement. La chenille perce une baie, creuse une galerie, puis s'attaque aux baies voisines en formant des foyers de 3 à 5 baies endommagées.

Ces blessures ouvertes sur les baies constituent des portes d'entrée idéales pour Botrytis cinerea, le champignon responsable de la pourriture grise. C’est l'une des maladies les plus dévastatrices pour la qualité des raisins.

3ème génération — Fin d'été (juillet-août)

Dans les vignobles méridionaux, une troisième vague d'attaques survient pendant la véraison, période où les baies commencent à se colorer et à accumuler leurs sucres. Les raisins sont alors particulièrement vulnérables aux infections fongiques et les pertes en qualité peuvent devenir significatives.

Bien plus qu'un Simple ravageur

Le véritable danger de Lobesia Botrana ne réside pas seulement dans les dégâts directs causés par les chenilles mais dans les conséquences indirectes qu'elles entraînent.

Les blessures sur les baies créent des conditions favorables à l'installation de champignons pathogènes.

Résultat : une grappe endommagée par l'eudémis devient rapidement une grappe touchée par la pourriture grise, avec des conséquences directes sur le rendement, mais surtout sur la qualité du vin produit.

Surveiller et lutter : le piégeage par phéromones

Face à ce ravageur vigne difficile à observer directement, la surveillance raisonnée est la première ligne de défense.

Les femelles eudémis émettent naturellement des phéromones sexuelles pour attirer les mâles lors de la période de vol. En plaçant dans la parcelle un piège Delta avec une capsule de phéromones de synthèse imitant ces substances, on capture les mâles en vol et on obtient des données précieuses sur les populations présentes et sur les pics de vol.

Un suivi régulier des pièges à phéromones permet de :

• Détecter les premiers vols dès le mois d'avril,

• Repérer les pics de chaque génération au fil de la saison,

• Éviter des traitements insecticides inutiles en dehors des périodes à risque,

• Constituer un historique annuel pour mieux anticiper les pressions futures.

Un piège bien positionné et régulièrement relevé, c'est la garantie d'intervenir au bon momentLa protection vigne commence par l'observation.

L'Essentiel sur Lobesia Botrana

• Petit papillon de 10 à 12 mm, actif surtout la nuit

• Il réalise 2 à 3 générations par an en France (jusqu'à 4 dans le sud)

• Les dégâts les plus graves ont lieu lors de la 2ème génération (juin-juillet) sur les baies vertes

• Il favorise l'installation de Botrytis cinerea, un champignon responsable de la pourriture grise

• Le piégeage par phéromones est la méthode clé pour surveiller les vols et raisonner les interventions

Conseils pratiques pour les viticulteurs

Installez vos pièges dès avril et placez-les à la hauteur des grappes, en bordure de parcelle

Relevez-les deux fois par semaine pour garantir des données fiables et mieux piloter vos interventions

Notez vos relevés chaque année pour construire un historique

• N'intervenez que si les captures dépassent les seuils d'alerte

Associez plusieurs outils : les phéromones de monitoring mais aussi la confusion sexuelle, les insecticides sélectifs et les   observations terrain

Questions Fréquentes sur Lobesia Botrana

• Quelle est la différence entre Lobesia botrana et le cochylis ?

Lobesia botrana (eudémis) et Eupoecilia ambiguella (cochylis) sont deux tordeuses de la grappe, souvent confondues. L'eudémis est reconnaissable à ses ailes antérieures gris perle avec des tâches brun rougeâtre, tandis que le cochylis présente une large bande médiane foncée. Les deux ravageurs ont des comportements similaires mais leur répartition géographique peut différer selon les régions.

• Pourquoi la 2ème génération d’eudemis est-elle la plus dangereuse ?

Parce qu'elle intervient sur les baies en croissance, qui sont à la fois fragiles et sensibles aux infections fongiques. Les blessures créées par les chenilles deviennent des points d'entrée pour le champignon. C'est à cette période que les pertes de rendement et de qualité sont les plus importantes pour la vigne.

• Le piège à phéromones est-il suffisant pour protéger mes vignes ?

Le piège à phéromones est un outil de surveillance, pas de lutte directe. Il permet de savoir quand et à quelle intensité les adultes volent, ce qui aide à décider si un traitement est nécessaire et à quel moment l'appliquer. Il s'intègre dans une stratégie globale de protection vigne incluant si besoin des interventions insecticides ciblées.

• L'eudémis peut-il s'attaquer à d'autres cultures que la vigne ?

Oui, même si la vigne est son hôte principal, Lobesia botrana peut se développer sur d'autres plantes comme le lierre, le troène ou le cassissier. En contexte viticole, c'est bien-sûr la vigne cultivée qui concentre les risques économiques les plus importants.

Surveiller pour mieux agir

L'eudémis de la vigne ne doit pas être sous-estimée. Si ce petit papillon passe souvent inaperçu dans les rangs de vigne, ses conséquences (blessures sur baies, pourriture grise, pertes de qualité) peuvent rapidement peser lourd sur un millésime.

La clé d'une protection vigne efficace ? Une surveillance régulière et raisonnée, basée sur le piégeage à phéromones, qui permet d'intervenir uniquement quand c'est nécessaire et au moment le plus opportun.

Vous souhaitez mettre en place un suivi sur votre exploitation ? Découvrez notre solution de piégeage pour Lobesia botrana : capsule phéromonale, piège Delta et protocole d'utilisation. Phéromones : des pièges adaptés à chaque besoin

Voir la fiche produit Lobesia botrana : Bioprox Phéromones

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